EN CE MATIN DE MES 36 ANS.....

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EN CE MATIN DE MES 36 ANS.....

Message par coeurbleu le Mer 4 Sep - 9:03

Jeune, beau, galopin et coquin impénitent,
Lui qui d'habitude est aux fourneaux à l'heure où tout le monde dort profondément,
Depuis 3 ans maintenant, parfois à domicile, me livre de quoi subsister péniblement.....
Lui dont le charme assassin et l'humour incisif, suffisent habituellement à me rendre le sourire,
Hier s'est offert, pourtant hésitant au début, pour nous rapprocher dans la lutte contre le pire.

D'une incroyable douceur et sensualité, si peu commune de nos jours à ses pairs,
J'en garde un délicieux souvenir, qui pourtant, ne fait qu'amplifier ma solitude au goût si amer.
Septembre est arrivé, avec ses cris d'enfants et d'adolescents dans les cours de récré',
Les derniers beaux jours ensoleillés me disent avec certitude que la trêve est bien terminée.

L'été s'en est ainsi allé!, adieux verts pâturages surchauffés, ruines estivales, sorties mutines "endimanchées".
Mes robes et longues jupes ne flotteront plus dans le vent tiède, le clocher n'aura plus à rougir de mes audaces inavouables,
Et la fontaine du cloître ne coulera plus discrète, au soir, à ses pieds, tandis qu'elle était spectatrice de mon culot effronté....
Moi qui me sent devenir écartelée, déchirée jusque dans mon âme, entre passion et spiritualité, choix quasi-impossible ; vie esseulée, misérable, pitoyable....

Et me voila, aujourd'hui en ce matin, prenant une claque annuelle significative! ; 
Une fois de plus, voila que je reçois une ride supplémentaire marquée au fer rouge sur mon âme déjà trop alourdie d'indicibles secrets!!.
36 ans, 36 claques, 36 rides! ; je ne compte plus depuis déjà longtemps, les "tic-tac" résonnant dans le silence,
Ni la longueur du temps inéxorable, lourd, pesant, trop présent! ; qui ne cesse de me narguer, de me dire: "et tu cours, cours toute la journée!, et tu me cours après!....
Mais jamais!, non jamais!, tu ne pourras m'attraper, me capturer ni me maîtriser!".

36 ans, et ma flamme qui un peu s'éteint imperceptiblement, jour après jour, silencieusement....
Là à l'ombre de mon clocher, sur la vieille place du marché, où la rumeur naît et renaît,
Où les salades et les ragôts vont toujours bon train!, mon coeur tente encore de palpiter....
Mais je ne le sais que trop!, que mon innocence trop tôt envôlée, ne me sera jamais redonnée! ;
Que le soleil là-haut, qui m'est trop haut perché, m'est pénible à comtempler! ; lui si superbe, qui n'a de cesse de briller sans compter, aveuglément, et dont je cherche à me cacher!...

Je suis son cours des yeux, sillonante dans la vallée! ; tout là-haut, perchée sur la vieille bute ruinée du passé....
La basilique en reine s'offre à moi en contre-bas, la ville étendue, le passé enlacé dans le présent, tous deux tournés vers le futur....
Et pourtant!.... et pourtant, au son des cloches!, j'entends imperceptiblement dans le lointain!, les sabots des chevaux, les cris, les pleurs, les entre-chocs métalliques, et les coups des canons....

Sur la butte voisine, une vieille chapelle primitive, belle et à l'allure noble, au mystérieux passé fermé désormais pour toujours à double tour!....
J'en garde les brides de souvenirs volés à travers la médiévale serrure, le temps d'un soupir de fascination et d'un battement de cils.
Je revois souvent en songe, presque irréel, ces mauvaises marches m'ayant esquinté mes fragiles chevilles,
Mais m'ayant offert d'immortels souvenirs au goût de lointain passé!, glorieux, superbe, féérique, chevaleresque....

Joutes, soutterrains, inquisitions, piété, sur fond de dîme, donlieu, corvée et gabelle:
Je les vois sans aucune peine!, sur leurs montures, armés, en armure imposante, revenant de lointaines conquêtes....
Et dans cette basilique, j'entends volontiers les chants grégoriens de sa splendeur passée!, pieuse, lourde d'un silence cloîtré, salutaire mais pourtant parfois par la force imposé.
Le bruit des voitures désormais m'insupporte, la fôret domaniale m'attire!, et je meurs d'envie de me dépouiller de tout! ;
Et juste de m'armer d'une seule paire de spartiates, d'une grossière tunique, d'un bâton, et d'une besace en bandouillère....

Je rêve ainsi, te dis-je!, d'errer par les chemins, les routes et les voies ferrées!,
Afin de chasser définitivement de ma vie, cette soif à la course au progrés éffrénée!,
Et pour mieux ainsi, me trouver enfin!, m'affirmer!, m'épanouir dans Sa pleine Majesté!.
Je veux pouvoir ami!, sentir les vibrations de la lune!, quand ils sortent en meute, hurlants ;
Je veux pouvoir me réfugier auprès du feu que j'aurai dû moi-même faire, à l'ancienne, comme dans les temps révolus!.
Je veux pouvoir sortir d'un sac de cuir grossier un mauvais morceau de lard séché, un morceau asséché de miche, et d'un modeste fond de tasse en étain d'eau, puisée sur place....

Je veux pouvoir ainsi m'en aller errante, vagabonde par les chemins, à travers les saisons!,
Aider tour à tour, dans les champs, les vignes et les pressoirs! ; et sous une mauvaise couverture, à la belle étoile, la tête sur une botte de paille, m'endormir bercée par Ma seule et unique Véritable Mère Nourricière....
Il est vrai certes!, que je connais trop régulièrement la faim!, mais celle qui me devient insupportable, n'est pas d'ordre matérielle, charnelle et alimentaire!,
Mais bien plutôt spirituelle, métaphysique, au goût si unique de sacré mêlé au sacrilège.


EST-IL DE NOS JOURS PLUS GRANDE PAUVRETE, PLUS INSUPPORTABLE MISERE?, QUE CELLE CONSISTANT A SE LAISSER VISCERALEMENT ET INLASSABLEMENT PONCTIONNER SANS TRÊVE NI REPOS?!.
EST-IL PLUS GRANDE DOULEUR QUE NUL REMEDE NE PEUT SOULAGER?, QUE NOTRE PITOYABLE CONDITION DE DOCILES MOUTONS DROGUES, ESSEULES ET POURTANT RELIES COMME JAMAIS AUPARAVANT!, QUI DESORMAIS S'UNISSENT ET SE SEPARENT AU GRES DES VENTS??!!....

EST-IL PLUS LOURD TRIBU A PAYER, QUE LE PRIX DE LA LIBERTE?,
MAIS EST-IL PLUS GRAND TRESOR QUE LA JOIE PLEINIERE DE VOYAGES INNOMBRABLES, A LA RECHERCHE DE SA MISERICORDE ET DE SA FACE?.
PUISQUE JE LE SAIS, LE SENS!? JE DEVRAI BIEN FINIR TÔT OU TARD SUR LE BORD DU FOSSE!,
NON!? JE NE VEUX PAS ATTENDRE PLUS LONGTEMPS POUR PRENDRE DEFINITIVMENT MA LIBERTE, AVANT QU'ILS N'AIENT REUSSI DEFINITIVEMENT A ME LA VOLER!.

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